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Ce n'est donc pas la liyzance impériale que l’onvient chercher sur les rives du Bosphore , mais la villemoderne de Stamboul avec sa population cosmopolite,son mouvement, et son commerce. Quand on a rassasiéses yeux du premier aspect du paysage, c’est au bazarqu’il faut aller. C’est l’a qu’on doit étudier un peuplequi n’a pas de monuments.
Mais ce n’est pas cela qu’on voit d’abord ; il fautaller s’établir de l’autre côté du port dans la ville fran-que de Péra, c’est-'a-dire qu’au lieu de vivre au milieud’un peuple original, on est condamné h avoir sanscesse sous les yeux le spectacle affligeant d’une villebâtarde qui a ajouté aux inconvénients d’une villeturque toutes les misères de la civilisation.
Chaque jour on descend à travers les rues étroites etescarpées de Galata aux échelles de Top-Khana et de Kara-Kœi, pour aller a Balik-Bazar de l’autre côté delà Corne- d’Or . Auprès d’une estrade en bois qui s’avance sur leseaux souillées du port, se pressent les kaiks effilés etgracieux. D’une échelle a l’autre , c’est un mouvementénorme, comme celui d’une grande capitale, mais unmouvement silencieux. Les barques glissent doucementsur l’eau, guidées par leurs rameurs élégants vêtus dechemises de soie. Quand on approche de la rive, un