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seul coup de rame fait virer le caïk qui présente lapoupe a la terre ; on a le pied dans la ville turque .
lîalik-Bazar est le marché aux poissons. Le voisinagedu port en a fait la partie la plus animée, mais la plushumide et la plus malpropre de la ville. Le premiercarrefour qu’on rencontre est le point de jonction dequatre rues étroites et sombres. C’est là que se font lesexécutions. Le condamné arrive conduit par le bourreauentre quatre soldats ; il se met a genoux au milieu dela rue ; le bourreau tire son sabre et lui coupe la tête.On a vu quelques-uns de ces malheureux s’enfuir toutensanglantés et être achevés à vingt pas de là. Aprèsl’exécution on laisse le cadavre dans le ruisseau , avecla tête sur la poitrine ; les magasins du carrefour seferment, et le peuple peut contempler l’horrible spec-tacle de ce cadavre mutilé.
Là commence la série des bazars. C’est d’abord lebazar égyptien avec ses drogues, ses plantes aroma-tiques et ses pâtes sèches ; puis le bazar des pipes et destuyaux, où brillent dans de petites cages de verre lesbouts d’ambre de toutes formes ; plus loin, ce sont lesparfums, les bourses et les colliers en pastilles du sérail,les chapelets en bois d’aloès, les flacons d’eau de roseet de santal. Ici sont étalées dans des boutiques étince-