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yeux levés au ciel exprimaient le calme le plus parfait ;en ce moment, le monde entier avait disparu pour eux.Tout a coup un Franc inquiet et remuant qui depuisun instant considère l’étalage de la boutique, pose lamain sur l’épaule de l’un d’entre eux. Le malheureux ,ramené brusquement des hauteurs de sa rêverie auniveau de la réalité, fixe sur l’acheteur des yeux étonnéset suppliants. Mais le chaland est impitoyable.
— Combien vends-tu ce sabre? dit-il.
— Qui sait? répond le Turc encore a demi plongédans son extase.
Cependant l’acheteur s’est emparé du marpitch dunarghilé et s’est mis à fumer à son tour. Alors s’établitune sorte de dialogue muet. A chaque fois que celui-ciessaie de déprécier l’objet a vendre, le marchand réunitses doigts en faisceau, et lève la main de bas en haut etde haut en bas. Ce geste équivaut aux plus grands élogesdans la pairtomine orientale. Si le prix offert ne paraîtpas suffisant, alors il se contente de renverser la têteen arrière en levant les yeux au ciel. Ainsi souvent unmarché se continue silencieusement pendant une heureentière.
Enfin l’acheteur importun s’éloigne , et l’heureuxmarchand peut se replonger dans son ivresse indolente,