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en attendant que le prophète lui envoie pour son mal-heur quelque nouveau chaland.
A côté de ces braves gens se démènent sans pudeurles Arméniens et les Juifs qui poursuivent le passant deleurs interpellations. L’étranger qui entame un marchévoit infailliblement arriver un Juif obligeant et rusé quise mêle a la conversation. Ces gens-l'a s’imposent commeinterprètes, et lorsque le marchand turc demande centpiastres, le courtier officieux en demande deux centsdans sa traduction. Si l’on découvre la fraude et qu’onremercie le Juif de sa politesse par un rude coup debâton, le misérable s’esquive sans mot dire, et per-sonne ne prend sa défense.
Avant de quitter les bazars, on traverse le marchéaux esclaves. C’est une grande cour carrée, entouréed’une galerie couverte sous laquelle sont disposés lessièges et les tapis pour la commodité des acheteurs.Dans l’intérieur de la galerie s’ouvrent une multitudede petites chambres avec des fenêtres à treillis. Ces ré-duits sont occupés par les femmes que les revendeurs ontacquises. Celles qui arrivent ou qui n’ont pas encoreété vendues sont accroupies dans la poussière, à demivêtues d’un lambeau de laine blanche, et étalent ausoleil leur corpsluisant. Le marchand arabe, les jambes