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croisées et le eliibouk a la main, montre au chaland une; jeune négresse debout devant lui, calme et résignée.
Dans les galeries, des Turcs aux yeux brillants discutent/ et regardent. Derrière les treillis des fenêtres, se dressentquelques ombres blanches.
f C’est Tu le dernier bazar, le dernier degré de l’échelleï commerciale dans cette grande ville où tout s’achète, oùi tout se vend. Et cependant, ce peuple brutal en appa-
}' rence, qui vient la marchander une femme et une fa-
mille, a des instincts singuliers de douceur et de bonté !f Tous les oiseaux qui habitent la ville, les tourterelles,les pigeons, les goélands, les cigognes, sont sous la
| sauvegarde de la piété publique. J’ai vu au milieu
: s
J des places, sur des branches de platanes qui pliaient
I jusqu’il quelques pieds du sol, de jolies colombes
posées sur leur nid dans une entière sécurité. Lors-qu’une barque chargée de blé traverse la Corne-d’Or,du haut des mosquées, du haut des arbres s’abat-i tent des volées de pigeons qui viennent librement
ï prendre dans la cargaison la part des oiseaux du
: ciel.
Mais la bénignité des Turcs s’étend aussi il la raceimmonde des chiens errants. Ces animaux, hideux etfarouches, couchés au soleil au milieu de la rue, étalent
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