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leurs blessures dégoûtantes, et quand vient la nuit, ilsrégnent en maîtres à Constantinople .
Dans cette ville coupée par la mer, traversée par desvallons et des collines, percée de rues étroites et escar-pées pour la plupart, les voitures seraient un moyende transport incommode et dangereux. Aussi n’en ren-contre-t-on presque jamais. Celles que l’on voit ressem-blent à des carrosses du temps de Louis XIII . Elles sontfaites d’une cage de bois ovale, fermée par des gril-lages, et présentent au fond une surface plane qu’oncouvre de tapis et de coussins.
Les chevaux de selle remplacent avantageusement lesvoitures de place. On en trouve h tous les carrefoursfréquentés, à toutes les échelles du port. Le maître lessuit en courant à travers les rues. C’est dans cet équi-page que l’on parcourt les divers quartiers de Stamboul.Les habitudes jalouses du harem obligent chaque fa-mille à avoir une maison entière, en sorte que la villeoccupe un espace immense.
Du reste, le même caractère se retrouve partout:rues bordées de maisons en bois peintes de couleurséclatantes;—chiens jaunâtres couchés sur le pavé;—unegrande variété de costumes ; — quelques femmes voi-lées ;— une ville animée mais silencieuse.