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« Là, dit iiu illustre voyageur, vous arrivez sans cesse« d’un bazar à un cimetière, comme si lesTurcsn’élaient« sur la terre que pour acheter, vendre et mourir. » —M. de Chateaubriand a oublié qu’entre le bazar et lechamp des morts, il y a la mosquée. La religion occupeune grande place dans la vie des Turcs. Ce n’est pasen vain que la voix du muezzlin retentissant du hautdes minarets des trois cents mosquées de Stamboul in-vite les croyants à la prière. Elle domine les bruits dubazar et le tumulte du port.
Toutes les mosquées ont à peu près la même formeextérieure et le même aspect. Ce sont d’énormes massesde pierre couronnées de demi-dômes que commandeune grande coupole.
Au dessus s’élèvent les minarets, tours étroites etaiguës qu’enveloppent, comme des anneaux , des bal-cons circulaires et sculptés d’où le muezzlin fait en-tendre son chant criard. Elles sont précédées d’unegrande cour où coule une fontaine. A l’intérieur, ellessont ornées d’une manière uniforme. Le parvis est cou-vert de tapis et de nattes. A quelques pieds au-dessussont suspendus des (ils de fer disposés transversalementauxquels sont attachés des lampes en verres de couleuret des œufs d’autruche. Sur les murs sont inscrits en