Buch 
D'Athènes à Baalbek (1844) / par Charles Reynaud
Entstehung
Seite
91
JPEG-Download
 

CONSTANTINOPLE .

91

On éprouve un vrai bonheur, en sortant de ce tristespectacle, il se retrouver sous l'ombrage des beaux pla-tanes qui ornent lentrée du Champ-des-Morts.

Si, au lieu de sortir de la Corne-dOr par son em-bouchure , on remonte dans lintérieur du port à traversles rues maritimes dune ville de vaisseaux; si on passeau-dessous dun pont bottant qui clôt larsenal de lamarine impériale, on voit les rives de la Corne-dOr serapprocher peu à peu, et on arrive ainsi, en suivant lecol rétréci du golfe, à une petite rivière calme et lim-pide qui coule au milieu de belles prairies. Cest levallon des Eaux-Douces dEurope .

Des troupeaux de bœufs et de chevaux sont éparsdans ces pâturages, et les grands oiseaux de maraissortent de temps en temps leurs longs cous dune touffede roseaux pour voir passer les eaïks.

Ces solitudes paisibles se peuplent, aux jours de fête,dune foule de joyeux promeneurs. Les femmes sur-tout ont une prédilection marquée pour ce vallon char-mant; les femmes! qui, en Orient, se mêlent aupaysage et le poétisent, mais qui naniment jamais lavie sociale ! On voit alors arriver dans leurs câiks lesriches Arméniennes , portant sur leurs épaules le-redjé violet qui tombe avec ampleur derrière elles,