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comme un manteau royal, pendant que les arabats atte-lés de buffles s’arrêtent au milieu des prés et déposent àl’ombre des arbres les femmes turques qui jouent avecune joie enfantine au milieu des herbes et des fleurs.
D’autres voitures chargées arrivent lentement par lessentiers en faisant crier leurs essieux. Quand elles ontdéposé leur précieux fardeau, elles s’abritent sous lesbranches de quelque platane gigantesque, et lesbœufs libres du joug paissent l’herbe de la prairie.
Ces arabats sont des chars a quatre roues, formésd’une caisse oblongue peinte de couleurs éclatantes etornée de moulures d’or. Au-dessus s’arrondissent enberceau des arcs de bois llexible qui supportent unetente de toile ou de soie. Le joug des buffles ou desbœufs est peint de couleurs variées, incrusté d’ara-besques, et garni de petits miroirs. 11 est surmontéd’un arc de bois mouvant qui s’arrondit en demi-cerclesupportant des pompons de soie, de petites clochetteset quelquefois des guirlandes de fleurs. Dans cettelongue voiture, sur des coussins disposés parallèlement,sont assises huit ou dix femmes.
Dans un asile bien ombragé, un joueur de corne-muse invite h la danse les Grecs et les Arméniens: d’unautre côté, un café attire les fumeurs de narghilés; et