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D'Athènes à Baalbek (1844) / par Charles Reynaud
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visuel, comme un brouillard ; les arbres prenaient à dis-tance des formes extraordinaires; cétait une coursefantastique. A force de souffrir, nous ne sentions plusnos douleurs. Je ne sais depuis combien de temps celadurait, quand nos mules sarrêtèrent brusquement. Nousrejetâmes en arrière le capuchon de nos cabans, et nousvîmes, à vingt pas de nous, une misérable cabane bâtieau pied dun grand chêne. Un vieux Turc à barbe blan-che était debout sur le seuil. 11 nous salua du geste.Cétait un Khan les voyageurs prennent le calé, etqui marque la moitié du chemin.

Nous fîmes une petite balte pour boire le café etlaisser passer Forage; puis nous nous remîmes en route.Nous avions fini par nous habituer à notre supplice, etnous marchions sans trop nous plaindre. Cependant lanuit descendait sur la plaine, non pas une de ces nuitsclaires et sereines de lOrient, mais une nuit obscure,profonde, impénétrable. Nos mules hésitaient danslombre, et nous craignions de les voir trébucher dansquelques fondrières. Enfin le bruit retentissant de leurssabots sur le pavé et la régularité de lallure nous firentprésumer que nous entrions dans le faubourg. A neufheures du soir une ville turque est morte. Fortes etfenêtres sont closes. Pas une lumière ne luit ; elle rentre

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