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sous la puissance de l’ombre. Il ne restc| plus dans larue que les chiens et les Francs. Les rangées de maisonsentre lesquelles nous marchions ne nous apparaissaient
t
que comme deux lignes grisâtres tracées!dans l’ombre.De temps en temps un chien foulé sous lès pieds de nosmules se levait et s’enfuyait en hurlant. /Ces cris reten-tissaient lugubrement dans ces rues désertes. Des trou-pes de chiens se levaient aux angles des maisons, faisantétinceler dans l’ombre leurs yeux farouches. La meutehideuse s’acharnait autour de nous, mordait les jarretsde nos mules et nous étourdissait /l’un épouvantableconcert. A chaque fois que la lanière lie nos longs fouetstartares s’abattait sur eux c’était unç recrudescence deglapissements et de cris. Leur fureur redoublait, etnous allions ainsi, troublant les mornes échos de cettegrande ville obscure et abandonnée. Son immensitésemblait s’accroître au milieu des ombres. A dix heuresnous étions encore dans la rue, égarés et cherchantasile. Notre guide avait perdu le chemin. Enlin, apresmille tours et détours, après des tribulations sans nom-bre, nous frappâmes il une porte qui s'ouvrit laissantpasser un flot de lumière qui nous éblouit. Les chiensépouvantés rentrèrent dans la nuit comme des fan-tômes. Nous avions devant nous l’illustre Arménien