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loannès, l'unique hôtelier d’une \ille de cent mille âmes.
Demi-heure après, nous nous regardions avec satis-faction, vêtus d’un costume arménien . C’était une at-tention de notre hôte qui voulait faire sécher nos lui-hits. Devant nous brillaient sur une table deux Laçonsde ce fameux vin de l’Olympe, si recherché à Constan tinople .
Après une pareille journée, le sommeil est une mortde douze heures.
11 était grand jour quand nous montâmes sur la ter-rasse de la maison. Le soleil rayonnait dans un cielsplendide. La plaine brillait d’un nouvel éclat, et lelong de la montagne s’élevaient de légères vapeurs trans-parentes. C’était la pluie de la veille qui remontait auciel. —Une nuit avait suffi pour transformer ainsi lanature.
Broussa a été bâtie sur les ruines de l’ancienne Prusa,capitale de la Bilhynie. Son histoire est celle de toutesles villes de l’Asie Mineure. Le vieux roi Prusias vit lesaigles romaines s’abattre sur sa capitale ; puis, quandl’empire ébranlé se scinda en deux parts, elle devint lepartage des empereurs de Constantinople ; enfin, unpeuple nouveau, venu du fond du désert sur la foid’une idée, fit renasser la mer aux bannières des cm-