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D'Athènes à Baalbek (1844) / par Charles Reynaud
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îmoussA

I 20

pauvres oiseaux , pour que Dieu nous laissât vivre aussila saison des amours.

La côte que nous gravissions devenait de plus en plusraide. Le surudji nous précédait en chantant sur unton nasillard ; nous avions mis la bride sur le cou îlenos chevaux, et nous étions accrochés à leurs crins.Malgré laspérité dun chemin presque perpendiculaire,ils avaient le pas très-assuré, et pas un deux ne bron-cha pendant une montée dune heure et demie.

Tout a coup nous nous trouvâmes sur un plateau.Nous fîmes faire volte-face a nos chevaux, et nous eûmesdevant nous la contre-partie du spectacle que nousavions vu en venant de Moudania.

Seulement une teinte chaude et éclatante animait lepaysage. Nous nous assîmes au pied dun immense châ-taignier pour contempler â notre aise cette premièreéchappée. A nos pieds souvrait une lissure, qui allaitsélargissant en vallée jusquà la {daine. Un ruisseaurapide sy précipitait en écumant. Nous bûmes de leaudu torrent, comme le voyageur de la Bible , et nousremontâmes â cheval.

Notre guide nous montra , a quelques pas de la, unlieu consacré par un petit monument . Une vieille légenderaconte que ' _ Mahomet 11 entra à cheval dans la