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pauvres oiseaux , pour que Dieu nous laissât vivre aussila saison des amours.
La côte que nous gravissions devenait de plus en plusraide. Le surudji nous précédait en chantant sur unton nasillard ; nous avions mis la bride sur le cou îlenos chevaux, et nous étions accrochés à leurs crins.Malgré l’aspérité d’un chemin presque perpendiculaire,ils avaient le pas très-assuré, et pas un d’eux ne bron-cha pendant une montée d’une heure et demie.
Tout a coup nous nous trouvâmes sur un plateau.Nous fîmes faire volte-face a nos chevaux, et nous eûmesdevant nous la contre-partie du spectacle que nousavions vu en venant de Moudania.
Seulement une teinte chaude et éclatante animait lepaysage. Nous nous assîmes au pied d’un immense châ-taignier pour contempler â notre aise cette premièreéchappée. A nos pieds s’ouvrait une lissure, qui allaits’élargissant en vallée jusqu’à la {daine. Un ruisseaurapide s’y précipitait en écumant. Nous bûmes de l’eaudu torrent, comme le voyageur de la Bible , et nousremontâmes â cheval.
Notre guide nous montra , a quelques pas de la, unlieu consacré par un petit monument . Une vieille légenderaconte que ' _ Mahomet 11 entra à cheval dans la