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D'Athènes à Baalbek (1844) / par Charles Reynaud
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LES SPORADES.

portes en sycomore admirablement sculptées, qui fer-maient lancien hôpital, et qui tombaient en ruines,ont été emportées pieusement, comme un débris denotre ancienne gloire , par un prince français qui portele nom du naïf historien des croisades de Saint-Louis.

On ne peut parcourir cette ville célèbre, passer danscette rue qui rappelle tant de glorieux souvenirs, visi-ter ces remparts illustrés par une mémorable défense,sans éprouver un sentiment dadmiration et de regret.Cest sans doute un des spectacles les plus émouvantset les plus singuliers de lhistoire, que celui de cettepoignée dhommes serrés autour de létendart de lacroix, et isolés dans leur île, comme sur un vaisseau,au milieu dune mer ennemie, protégeant le commerceeuropéen, luttant pendant deux siècles contre les forcesimmenses des sultans, attaquant et détruisant des Hottespuissantes, arrêtant au pied de leurs murs les arméesdu vainqueur de Constantinople , et défendant seuls enOrient la cause de la civilisation contre la fatalité quilenvahit de toutes parts. Et lorsque enlin abandonnéspar lingratitude des puissances européennes, ils sontenfermés dans leur ville par une armée de deux centmille hommes, ils se défendent avec calme, demandanta Dieu et îi leur épée ce secours que leur refuse