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couvrent le sol comme une forêt. Quelques maisonsblanches sont perdues au milieu de ces arbres, àdemi voilées par un épais feuillage.
Au premier coup d’œil, cette colline ressemble à unpan détaché d’un paysage du Bosphore, mais là ne serencontrent plus les cabanes de bois, peintes de cou-leurs vives, que bâtissent les peuplades errantes venuesdu Caucase; c’est une ville, lille d’une autre nation etd’un autre climat, la cité arabe de Beyrouth , avec sesmaisons de pierre, ses terrasses et ses dômes, sur les-quels le soleil reluit comme sur un bouclier. Enlin, leLiban élève ses cimes roses et grises, couronnées deneige, au-dessus de ce tableau qui semble réaliser lesmerveilles de la Terre-Promise.
Le port de Beyrouth ne peut recevoir que de petitsbateaux arabes; les vaisseaux mouillent en dehors deson enceinte, et comme la place n’est pas sûre, ilssont obligés souvent d'aller chercher au fond du golfeun mouillage plus tranquille et mieux abrité.
Dès qu’une barque approche du rivage, des Arabesà demi nus se précipitent dans l’eau pour emporter lesvoyageurs et les déposer sur la grève. On a mille peinesa éviter leur étreinte. Si l’on parvient à s’élancer surla rive, on enfonce les pieds dans une terre gluante et