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D'Athènes à Baalbek (1844) / par Charles Reynaud
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HT LE LIBAN .

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couvrent le sol comme une forêt. Quelques maisonsblanches sont perdues au milieu de ces arbres, àdemi voilées par un épais feuillage.

Au premier coup dœil, cette colline ressemble à unpan détaché dun paysage du Bosphore, mais ne serencontrent plus les cabanes de bois, peintes de cou-leurs vives, que bâtissent les peuplades errantes venuesdu Caucase; cest une ville, lille dune autre nation etdun autre climat, la cité arabe de Beyrouth , avec sesmaisons de pierre, ses terrasses et ses dômes, sur les-quels le soleil reluit comme sur un bouclier. Enlin, leLiban élève ses cimes roses et grises, couronnées deneige, au-dessus de ce tableau qui semble réaliser lesmerveilles de la Terre-Promise.

Le port de Beyrouth ne peut recevoir que de petitsbateaux arabes; les vaisseaux mouillent en dehors deson enceinte, et comme la place nest pas sûre, ilssont obligés souvent d'aller chercher au fond du golfeun mouillage plus tranquille et mieux abrité.

Dès quune barque approche du rivage, des Arabesà demi nus se précipitent dans leau pour emporter lesvoyageurs et les déposer sur la grève. On a mille peinesa éviter leur étreinte. Si lon parvient à sélancer surla rive, on enfonce les pieds dans une terre gluante et