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D'Athènes à Baalbek (1844) / par Charles Reynaud
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ISEYROUTll

I ii

boueuse. Qa et îh , au milieu de débris dherbes ma-rines, apparaissent quelques tronçons de colonnes verdispar leau de mer. Quand on a atteint le talus sur le-quel sélèvent les premières maisons, on ségare dansun dédale de rues étroites, de passages obscurs et voû-tés qui coupent et divisent ces masses de pierres. Lesrues récemment pavées par les Egyptiens présentent unesurface polie et glissante, dangereuse pour les cavaliers.

Lintérieur de la ville a un aspect sombre et triste;les maisons ressemblent à des prisons ; les fenêtres sou-vrent sur les cours intérieures, en sorte que les portesseules coupent les pans de murs qui bordent la rue.Les femmes turques, portant un masque détoffe noire,passent auprès des paysannes du Liban dont la tète estarmée dune longue corne : tout cela donne à la villeune physionomie étrange.

Dans les rues assez larges pour que les rayons dusoleil arrivent jusquau sol, des hommes accroupisfument le narghilé syrien a lombre de nattes de joncgrossièrement faites et suspendues au-dessus deux enmanière de tentes. Des enfants nus se roulent dans lapoussière, et des femmes chrétiennes, misérablementvelues et la gorge découverte, sont assises sur le seuildes portes.