ISEYROUTll
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boueuse. Qa et îh , au milieu de débris d’herbes ma-rines, apparaissent quelques tronçons de colonnes verdispar l’eau de mer. Quand on a atteint le talus sur le-quel s’élèvent les premières maisons, on s’égare dansun dédale de rues étroites, de passages obscurs et voû-tés qui coupent et divisent ces masses de pierres. Lesrues récemment pavées par les Egyptiens présentent unesurface polie et glissante, dangereuse pour les cavaliers.
L’intérieur de la ville a un aspect sombre et triste;les maisons ressemblent à des prisons ; les fenêtres s’ou-vrent sur les cours intérieures, en sorte que les portesseules coupent les pans de murs qui bordent la rue.Les femmes turques, portant un masque d’étoffe noire,passent auprès des paysannes du Liban dont la tète estarmée d’une longue corne : tout cela donne à la villeune physionomie étrange.
Dans les rues assez larges pour que les rayons dusoleil arrivent jusqu’au sol, des hommes accroupisfument le narghilé syrien a l’ombre de nattes de joncgrossièrement faites et suspendues au-dessus d’eux enmanière de tentes. Des enfants nus se roulent dans lapoussière, et des femmes chrétiennes, misérablementvelues et la gorge découverte, sont assises sur le seuildes portes.