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Beyrouth a acquis depuis quelques années une grandeimportance commerciale. Les bateaux a vapeur, en lachoisissant pour lieu de station, ont contribué à ac-croître son activité. Si les progrès de la navigationn’avaient pas déplacé les grands centres de commerce ,elle serait appelée à jouer de notre temps le rôle deTyr, la reine des vaisseaux ; mais, telle qu’oile est.c’est aujourd’hui le port le plus fréquenté de toute lacôte de Syrie .
Le Liban y verse la soie do toutes ses vallées, commedans un réservoir commun ; Djébail et LataLieh lui en-voient leur tabac, Salimab, son vin d’or; les monta-gnards viennent y vendre le produit de leur industrieou quelquefois de leurs pillages; les Bédouins y amè-nent les intrépides chevaux du désert de l’almyre ; lescaravanes y apportent les richesses de Damas et deBagdad , et les bateaux arabes de la côte y concentrentl’entrepôt de tous les ports voisins. Dans les rues étroi-tes et encombrées de ses bazars se rencontrent leshommes de toutes les peuplades agricoles du Liban : le.Maronite vêtu d’habits grossiers, le Mutuali, le Druse au turban blanc, qui viennent échanger leurs récoltescontre l’argent ou les marchandises des Turcs, desArméniens et des Juifs.
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