ET LE LJ HAN.
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lu versant de la montagne, est couronné par un deleurs villages ou de leurs couvents. Les moines maro-nites, travailleurs assidus, fertilisent à la sueur de leurfront un petit rayon de terre autour du couvent, commele paysan autour du village; en sorte que tous cespetits rayons, en s’élargissant, ont fini par se rencon-trer et par couvrir toute la croupe de la montagne. Lepremier travail a été rude et difficile: il fallait souteniri liaque sillon, chaque plant de vigne par une terrasse;il fallait briser le rocher pour le remplacer par uneterre meuble et fertile; il fallait, en un mot, vaincre,à force de persistance, la rébellion d’un sol qui ne de-vait porter que des forêts de pins et de cèdres. Aussirencontre-t-on partout , à côté du champ de blé, quel-que monticule couvert de bruyères et semé de grandspins parasols. La nature âpre et primitive de la mon-tagne se fait jour à travers la robe de culture dont l’in-dustrie de ses habitants l’a enveloppée. Les vignes, lesmûriers et les champs de blé ont envahi les pentes duLiban ; et la fertilité, chassée des plaines par les vain-queurs, semble s’être réfugiée sur la montagne pour*
s’y maintenir et s’y défendre.
Voilà ce qui a fait de cette partie du Liban un tableausi original et si admirable. Je l’ai vu sous d’autres as-