I 5 fi
brillaient en lettres d’or sur les rayons; et,que nous fumions le tabac de Djébail dans un chiboukdont le tuyau de jasmin avait crû dans le jardin ducouvent, nous causions de Paris et de sa situation lit-téraire.
Je dînai au réfectoire, au milieu de tous les élèves,et, pendant le repas, l’on d’entre eux lisait à liantevoix l’Histoire de France. Les religieux m’avaient traitécomme un compatriote et comme un ami, et je trouvaidevant moi un llacon de ce fameux vin d’or qu’onrecueille sur les coteaux voisins.
Pendant que je retournais à la ville, à travers leschemins ardus de la montagne, je rêvais à la gloire denotre pays, qui semble devoir porter partout les pre-mières semences des idées généreuses. Aujourd’hui jene puis me défendre d’un sentiment de tristesse et deregret, quand je songe que ce beau collège d’Antourabest placé au centre de la guerre. Depuis que l’anarchierègne dans le Liban , tous les couvents ont arboré ledrapeau tricolore, comme si l’ombre de la France devaitles couvrir et les défendre. Le temps des croisades estpassé; mais il nous semble qu’il y a une questiond’honneur national à ne pas abandonner ces peupladeschrétiennes qui nous tendent les bras, et qu’il y a un