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D'Athènes à Baalbek (1844) / par Charles Reynaud
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BEYROUTH

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brillaient en lettres dor sur les rayons; et,que nous fumions le tabac de Djébail dans un chiboukdont le tuyau de jasmin avait crû dans le jardin ducouvent, nous causions de Paris et de sa situation lit-téraire.

Je dînai au réfectoire, au milieu de tous les élèves,et, pendant le repas, lon dentre eux lisait à liantevoix lHistoire de France. Les religieux mavaient traitécomme un compatriote et comme un ami, et je trouvaidevant moi un llacon de ce fameux vin dor quonrecueille sur les coteaux voisins.

Pendant que je retournais à la ville, à travers leschemins ardus de la montagne, je rêvais à la gloire denotre pays, qui semble devoir porter partout les pre-mières semences des idées généreuses. Aujourdhui jene puis me défendre dun sentiment de tristesse et deregret, quand je songe que ce beau collège dAntourabest placé au centre de la guerre. Depuis que lanarchierègne dans le Liban , tous les couvents ont arboré ledrapeau tricolore, comme si lombre de la France devaitles couvrir et les défendre. Le temps des croisades estpassé; mais il nous semble quil y a une questiondhonneur national à ne pas abandonner ces peupladeschrétiennes qui nous tendent les bras, et quil y a un