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BEYROUTH
taillé à mi-côte dans le rocher vif. On y voit encore latrace que les roues des chars ont laissée dans la pierre.Cela p s un pays où il n’v a pas
une seule voiture, si de singuliers monuments n’étaientlà pour rappeler les souvenirs du passé. Des inscrip-tions ont été gravées sur le rocher et plusieurs person-nages dessinés en relief. L’une de ces inscriptions,écrite en latin, est de Marc-Aurèle et d’Antonin-le- Pieux ; les autres sont écrites en caractères cunéi-formes. On m’a dit depuis qu’elles attestaient le passagede Sésostris et de Cambyse . La solitude du lieu, laposition élevée de ce cap au-dessus de la mer, la sim-plicité héroïque de l’œuvre , donnent un caractère par-ticulier de grandeur à ces monuments extraordinaires.
Ce fragment de route ancienne est une sorte de phé-nomène dans le Liban , où les chemins sont presqueimpraticables. Il faut avoir acquis la certitude de l’a-dresse et de la solidité des chevaux arabes pour oser sehasarder dans ces sentiers périlleux, qui tantôt gra-vissent des pentes presque perpendiculaires et tantôtcôtoient des précipices effrayants. Ils franchissent sanshésitation les plus terribles passages, choisissant avecsagacité la place où ils doivent poser le pied, sondantle terrain et rassurant par leur audacieuse conliance le