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cavalier frappé de vertige. Les chameaux remplacentles chars de transport : j’en ai vu descendre de la mon-tagne chargés de poutres énormes qui se balançaientsur leur dos d’une manière formidable ; à chaque os-cillation ils semblaient devoir être précipités ou brisés,et pourtant ils résistaient vaillamment et descendaientd’un pas tranquille les sentiers les plus escarpés.
l.es courriers arabes traversent au galop les aspéritésdes crêtes du Liban , pareils à des cavaliers fantas-tiques ; des hauteurs de la montagne on voit descendrela caravane de Lamas : les chevaux, les mulets, leschameaux se déroulent en longues lilcs sur ses versantsrapides. De temps en temps on les voit se perdre der-rière un groupe de rochers, s’enfoncer dans les vallées,puis reparaître sur une cime éloignée. Les chameauxdessinent à l’horizon leurs silhouettes bizarres, et lechamelier, le fusil négligemment jeté sur l’épaule, suit,la caravane en chantant d’une voix traînante une doucechanson d’amour.
Des khans sont répandus sur la route pour le reposdes voyageurs : ce sont des espèces de huttes qui pré-sentent au fond deux chambres obscures et étouffées,et, sur le devant, un vestibule couvert qui commu-nique avec le dehors par deux larges portes sans