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D'Athènes à Baalbek (1844) / par Charles Reynaud
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ET LE LIBAN .

15 !)

cavalier frappé de vertige. Les chameaux remplacentles chars de transport : jen ai vu descendre de la mon-tagne chargés de poutres énormes qui se balançaientsur leur dos dune manière formidable ; à chaque os-cillation ils semblaient devoir être précipités ou brisés,et pourtant ils résistaient vaillamment et descendaientdun pas tranquille les sentiers les plus escarpés.

l.es courriers arabes traversent au galop les aspéritésdes crêtes du Liban , pareils à des cavaliers fantas-tiques ; des hauteurs de la montagne on voit descendrela caravane de Lamas : les chevaux, les mulets, leschameaux se déroulent en longues lilcs sur ses versantsrapides. De temps en temps on les voit se perdre der-rière un groupe de rochers, senfoncer dans les vallées,puis reparaître sur une cime éloignée. Les chameauxdessinent à lhorizon leurs silhouettes bizarres, et lechamelier, le fusil négligemment jeté sur lépaule, suit,la caravane en chantant dune voix traînante une doucechanson damour.

Des khans sont répandus sur la route pour le reposdes voyageurs : ce sont des espèces de huttes qui pré-sentent au fond deux chambres obscures et étouffées,et, sur le devant, un vestibule couvert qui commu-nique avec le dehors par deux larges portes sans