ET LE LIBAN.
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laquelle régnait un divan. Pendant qu’il nous offraitcourtoisement le narghilé et le café, nous vîmes entrerdeux princesses dont l’une était sa femme et l’autre saparente. Elles vinrent s’accroupir sur le divan à quelquespas de nous et se mêlèrent à la conversation.
Leur beauté naturelle était encore relevée par l’étrangecostume dont elles sont vêtues :
Une corne d’argent, de la grosseur du bras et longuede deux pieds à peu près, est posée sur leur tête; ellesupporte un voile blanc et transparent qui retombe surleurs épaules plus bas que la ceinture, et qui s’ouvrepar-devant à un ou deux pouces de la naissance de lacorne, dont la base est ciselée. Leurs cheveux lissés lelong des tempes et ramenés aux oreilles sont ornés deperles et de Heurs naturelles. Des rubans de veloursqui passent sous leur menton soutiennent cette singu-lière parure, et des glands d’argent supportés par descordons servent de contre-poids à la corne qui est in-clinée en avant. Leurs robes de soie à couleurs vives età raies ont à peu près la forme des costumes de femmesau moyen âge. Elles dessinent la taille sans en arrêtertrop nettement les contours, et leur corsage ouvertlaisse la gorge à peu près nue. Leurs manches serréesvers le haut s’élargissent à partir du coude; leurs bras
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