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D'Athènes à Baalbek (1844) / par Charles Reynaud
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170 COTES DE LA PHÉNICIE

fond ours du ciel, et avant le lever du soleil on plongela tête dans le ruisseau et on se remet en route, lui sepliant ainsi à toutes les coutumes des habitants, oncomprend mieux le pays quon traverse ; ce contactdirect et incessant de lhomme avec la nature, établitentre eux des relations plus intimes.

On éprouve un certain sentiment de joie, la premièrefois quon se trouve ainsi au milieu dun pays sauvageet désert, en dehors de toutes les habitudes et de toutesles lois de la vie sociale; il semble quon a plus nette-ment conscience de sa liberté. Je me souviens de lim-pression profonde que je ressentis lorsque, dans leschemins creux qui avoisinent lleyrouth, je vis délilerdevant moi notre petite caravane en allant à Jéru­ salem .

Nous étions armés de toutes pièces; des outres encuir remplies deau pendaient aux fontes de nos selles,à côté du ehibouk plié dans un fourreau de drap. Lesmules chargées de nos minces valises cheminaient de-vant nous, et deux moukres armés de longues cara-bines ouvraient la marche, que fermaient notredrogman et un domestique montés sur de bons che-vaux.

Les moukres servent à la fois de guides et de pale-