fond ours du ciel, et avant le lever du soleil on plongela tête dans le ruisseau et on se remet en route, lui sepliant ainsi à toutes les coutumes des habitants, oncomprend mieux le pays qu’on traverse ; ce contactdirect et incessant de l’homme avec la nature, établitentre eux des relations plus intimes.
On éprouve un certain sentiment de joie, la premièrefois qu’on se trouve ainsi au milieu d’un pays sauvageet désert, en dehors de toutes les habitudes et de toutesles lois de la vie sociale; il semble qu’on a plus nette-ment conscience de sa liberté. Je me souviens de l’im-pression profonde que je ressentis lorsque, dans leschemins creux qui avoisinent lleyrouth, je vis délilerdevant moi notre petite caravane en allant à Jéru salem .
Nous étions armés de toutes pièces; des outres encuir remplies d’eau pendaient aux fontes de nos selles,à côté du ehibouk plié dans un fourreau de drap. Lesmules chargées de nos minces valises cheminaient de-vant nous, et deux moukres armés de longues cara-bines ouvraient la marche, que fermaient notredrogman et un domestique montés sur de bons che-vaux.
Les moukres servent à la fois de guides et de pale-