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D'Athènes à Baalbek (1844) / par Charles Reynaud
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nti COTES DE LA PIIÉNICIE

adossée a quelques pierres qui nous garantissaient du

vent.

Euveloppé dans mon caban, je regardais au-dessusde ma tête le ciel brillant détoiles; des mouches phos-phorescentes , pareilles à des vers luisants ailés, tra-versaient lair et voltigeaient dun arbre à lautre. Auxdernières lueurs du feu qui séteignait, je voyais noschevaux brouter quelques brins dherbe bridés par lesoleil; des chameaux appaitenant à une caravane demarchands étaient accroupis sur la terre, et jentendaisseulement au milieu du calme silencieux de la nature,le bruit confus et monotone de la mer agitée. Je vistout a coup apparaître un fantôme blanc. Une voix medit en arabe :

l.as-salam-aleik. (Je le salue.)

Je me levai, et je vis debout devant moi un Arabedrapé dans son manteau en poil de chèvre. 11 me de-manda du gesle du pain et de leau. Je lui montrai leruisseau, et je tirai de mes sacoches un morceau depain que je lui donnai. 11 me remercia et sen alla; maisje ne pouvais dormir; ces scènes nouvelles pour moitenaient mon imagination en éveil, et dès que je fermaisles yeux, je voyais passer dans mon rêve le manteaublanc dun Arabe. On s'habitue bien vite il toutes ces