ET DE LA PALESTINE.
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singularités du voyage, et bien tôt on dort sur le saldeaussi profondément que dans un lit moelleux de noireEurope civilisée.
A une lieue du khan où nous avions pa^sé la nuit,nous franchîmes une nouvelle chaîne de montagnes quis’avançait jusqu’à la mer. Du haut de ce cap, nousvîmes le soleil se lever sur la belle plaine de Saint-Jean-d’Acre.
A mesure que nous descendions de la montagne,nous distinguions à nos pieds des champs dévastés, quiavaient, à certains endroits, des taches d’un jauneéclatant. Ce phénomène se produisait seulement dansun certain rayon autour de la base de, la montagne.Nous en eûmes bientôt l'explication. Une armée desauterelles avait envahi cette partie de la plaine ; àcertains endroits, elles couvraient littéralement le sol ;elles s’envolaient sous les pieds de nos chevaux, tour-noyaient bruyamment autour de nous, puis allaient re-tomber à quelques pas de là. Elles étaient d’une couleurjaune, et à peu près de la taille des grosses sauterellesvertes qu’on trouve dans nos prés. Là où elles avaientpassé , toute trace de végétation avait disparu. Quelquespaysans désespérés erraient au milieu de leurs champs,chassant devant eux des tourbillons de ces insectes des-