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D'Athènes à Baalbek (1844) / par Charles Reynaud
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178 COTES DE LA PHÉNICIE

tracteurs, et les tuant à coups de bâlon; mais, dèsquils avançaient, leurs ennemis insaisissables reve-naient en arrière occuper la place quils avaient quittée.

Cest un des fléaux les plus terribles de la Syrie .L'n jour, le cultivateur assis au seuil de sa maison voitpasser, entre le soleil et lui, un nuage grisâtre, avecun bruit semblable à celui que l'ont à lhorizon lesnuages chargés de grêle : ce sont les sauterelles que ladisette dherbes a chassées du désert. Si le vent lespousse, le nuage disparaît à l'horizon; mais, si ellessabattent sur la plaine, elles dévorent les moissons enherbe, rongent les feuilles et frappent do stérilité lescampagnes les plus fertiles.

Nous eûmes bientôt traversé cette ligne de dévasta-tion ; au delà nous trouvions de riches champs doliviers sébattaient de nombreuses volées de tourterelles.Eu approchant dun village, nous rencontrâmes desjardins plantés dabricotiers magnifiques, dont lespaysans ramassaient les fruits. Mais cette zone de végé-tation brillante ne sétend pas jusquà la ville. Au delàse déployait une plaine à peu près inculte couverte degrandes herbes flétries par le feu du ciel.

A notre gauche se dessinait à lhorizon un grand aque-duc, élevant ou abaissant ses arches selon les inégalités