178 COTES DE LA PHÉNICIE
tracteurs, et les tuant à coups de bâlon; mais, dèsqu’ils avançaient, leurs ennemis insaisissables reve-naient en arrière occuper la place qu’ils avaient quittée.
C’est là un des fléaux les plus terribles de la Syrie .L'n jour, le cultivateur assis au seuil de sa maison voitpasser, entre le soleil et lui, un nuage grisâtre, avecun bruit semblable à celui que l'ont à l’horizon lesnuages chargés de grêle : ce sont les sauterelles que ladisette d’herbes a chassées du désert. Si le vent lespousse, le nuage disparaît à l'horizon; mais, si elless’abattent sur la plaine, elles dévorent les moissons enherbe, rongent les feuilles et frappent do stérilité lescampagnes les plus fertiles.
Nous eûmes bientôt traversé cette ligne de dévasta-tion ; au delà nous trouvions de riches champs d’oliviersoù s’ébattaient de nombreuses volées de tourterelles.Eu approchant d’un village, nous rencontrâmes desjardins plantés d’abricotiers magnifiques, dont lespaysans ramassaient les fruits. Mais cette zone de végé-tation brillante ne s’étend pas jusqu’à la ville. Au delàse déployait une plaine à peu près inculte couverte degrandes herbes flétries par le feu du ciel.
A notre gauche se dessinait à l’horizon un grand aque-duc, élevant ou abaissant ses arches selon les inégalités