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chemise de toile, criaient en luttant sur le sable avecles chiens des bergers, et. les robustes paysannes, levisage découvert, et la tête couronnée d’un chapeletde pièces d’argent, rapportaient l’eau d’une fontainecachée au milieu d’un groupe de palmiers. Ces femmesne sont pas belles, elles sont presque vêtues de hail-lons, et cependant on remarque dans leur pose unesimplicité majestueuse qui semble trahir une nobleorigine. Quand on les voit de loin arrondissant le brasau-dessus de leur tête pour soutenir leur vase de grès auxformes antiques ; quand leur grossière chemise de toilebleue, serrée par une corde, tombe en plis nombreuxautour de leur taille svelte, quand on les voit marcherd’un pas ferme et cadencé, on songe involontairementà ces gracieuses figures de la Bible , au filles de Laban ,allant puiser l’eau a la fontaine. Ces scènes naïves dela vie pastorale donnèrent pendant un moment uneapparence heureuse et poétique à ce triste village.
Au-devant deïantourah sont répandus dans les eauxde la mer quelques rochers isolés ; de l’un d’eux jaillitune source d’eau douce.
Quand la nuit fut venue, nous établîmes nos lits surla terrasse. Au-dessous de nous dans la cour tous noschevaux étaient disposés en ligne; nos moulues et nos