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Un rempart de pierres blanches et polies, si parfai-tement conservé qu’il a l’apparence d’une constructionmoderne, entoure la masse confuse de débris qui couvreremplacement de la \ille ancienne. Il est précédé d’unfossé, comme celui de nos places de guerre. Lorsqu’ona franchi cette enceinte, on ne trouve que maisonsrenversées, voûtes cntr’ouvertes, murs démolis de fonden comble. Il est impossible que la guerre seule aitproduit un bouleversement si terrible; les tremblementsde terre ont dû continuer l’œuvre de destruction et lacompléter. Les remparts seuls ont été épargnés, commepour protéger au milieu d’un désert ces sombres reli-ques. Aucune tribu n’a choisi pour demeure les retraitesde celte ville abandonnée. Les grandes herbes ont en-vahi le sol, et croissent vigoureusement h travers lesfentes des murs. Les bêtes fauves et les oiseaux de proietroublent seuls de leurs cris ces mornes solitudes.
Au-dessous de Césarée, nous rejoignîmes le rivage etnous marchâmes tout le jour sur une grève couvertede coquillages, resserrée entre la mer et une chaînede rochers. Le seul être humain que nous ayons ren-contré sur ce rivage solitaire était un pâtre qui venaitabreuver ses chèvres a un puits situé au pied des ro-chers. Tout sou troupeau se pressait autour de lui,