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JÉRUSALEM
(aires, it aller puiser l’eau dans le creux de ma maina cette fontaine de Siloë dont le nom est si harmonieuxet dont l’eau est si fraîche. Elle se dérobe aux réverbé-rations du soleil au fond d’un antre creusé au pied duMont-Sion, et bien des voyageurs altérés ont descendules vingt marches qui y conduisent, depuis le temps oùles Croisés se battaient devant elle pour se disputerquelques gouttes d’eau.
Chaque soir, les voyageurs francs retrouvent au cou-vent latin leur modeste cellule , comme ces ancienspèlerins qui venaient il la ville sainte a travers tant defatigues et de dangers. C’est peut-être le seul pays del’Orient où l’on cherche en vain une hôtellerie, et lors-que le couvent est rempli de voyageurs, il faut deman-der un asile a quelque maison particulière dont onachète l’hospitalité.
Avant de quitter Jérusalem , nous descendîmes unjour du haut des montagnes pour aller visiter les tribusde libres pasteurs qui font boire leurs chevaux dansles eaux du Jourdain. Nous cheminions en compagnied’un des lils du cheik de Jéricho qui s’était engagé ilnous escorter jusqu’aux bords de la mer Morte . Ce n'est,pas qu’il y ait l'a plus qu’ailleurs un danger réel; maisc'est un tribut indirect que font payer les Arabes aux