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leurs brandies avaient une couleur cendrée, et quel-ques-uns portaient des fleurs d’un violet pâle.
Un de nos Arabes nous lit voir une de ces plantesqu’on vend à Jérusalem sous le nom de roses de Jéricho.Elles portent au bout de leur tige une réunion de pe-tites branches arrondies en faisceau; elles ont quelqueressemblance, sauf la couleur, avec les efflorescencesdu corail. Si ce sont là ces fleurs si renommées aux-quelles on a attribué des qualités miraculeuses, on nedoit pas s’étonner que les voyageurs se soient plaintsde l'absence des roses à Jéricho ; car rien n’y ressemblemoins que cette plante misérable, lille d’un sol stérile.
Une grève de sable friable, qui cède sous les piedsdes chevaux, s’étend à quelques centaines de pas enavant de la mer Morte . Ses bords sont couverts detroncs d’arbres dépouillés de leur écorce. Sou eau esttransparente ; elle a l’aspect calme et bleu des beauxlacs de la Suisse . Enfermée entre deux montagnes ver-ticales semblables à deux grands murs, elle déploie auloin sa surface tranquille, et une lourde vapeur quis’élève au-dessus de ses eaux ferme l’horizon.
Nous trouvâmes sur le sable de la rive de petits pois-sons morts et revêtus d’une épaisse couche de sel. Ilest probable qu’entraînés par le cours du Jourdain et