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D'Athènes à Baalbek (1844) / par Charles Reynaud
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ET LA MER MORTE

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leurs brandies avaient une couleur cendrée, et quel-ques-uns portaient des fleurs dun violet pâle.

Un de nos Arabes nous lit voir une de ces plantesquon vend à Jérusalem sous le nom de roses de Jéricho.Elles portent au bout de leur tige une réunion de pe-tites branches arrondies en faisceau; elles ont quelqueressemblance, sauf la couleur, avec les efflorescencesdu corail. Si ce sont ces fleurs si renommées aux-quelles on a attribué des qualités miraculeuses, on nedoit pas sétonner que les voyageurs se soient plaintsde l'absence des roses à Jéricho ; car rien ny ressemblemoins que cette plante misérable, lille dun sol stérile.

Une grève de sable friable, qui cède sous les piedsdes chevaux, sétend à quelques centaines de pas enavant de la mer Morte . Ses bords sont couverts detroncs darbres dépouillés de leur écorce. Sou eau esttransparente ; elle a laspect calme et bleu des beauxlacs de la Suisse . Enfermée entre deux montagnes ver-ticales semblables à deux grands murs, elle déploie auloin sa surface tranquille, et une lourde vapeur quisélève au-dessus de ses eaux ferme lhorizon.

Nous trouvâmes sur le sable de la rive de petits pois-sons morts et revêtus dune épaisse couche de sel. Ilest probable quentraînés par le cours du Jourdain et