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JERUSALEM
profond et ses bords sont creusés a pic, comme ceuxd’un canal.
Presque tous les voyageurs qui ont décrit le Jourdain diffèrent d’opinion sur la couleur de ses eaux ; maisne sommes-nous pas habitués a voir changer avec lessaisons la physionomie des fleuves? Cette eau ne nousa pas semblé désagréable au goût, quoique nous ayonscru y reconnaître une légère odeur de soufre, qu’ex-plique suffisamment son passage a travers le lac de Tibériade , où se dégorgent plusieurs sources sulfu-reuses.
I.a plupart des arbres qui bordent nos rivières crois-sent autour du Jourdain . Des saules aux troncs rugueuxlaissent traîner dans l’eau leurs branches flexiblesqu’agite la rapidité du courant. Dans l’épaisseur desbois, on trouve de petits espaces vides tapissés de ga-zon ; la plaine stérile de Jéricho et les montagnes nuesde l’Arabie Pétrée sont cachées par un rideau de ver-dure, et l’on peut se croire assis au bord d’une rivière,dans un vallon solitaire de l’Auvergne ou de la Nor mandie .
tNous n’étions pourtant qu’à deux lieues de la mer Morte . En quittant les rives du Jourdain , nous retrou-vâmes dans la plaine les buissons d’arbres épineux;