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D'Athènes à Baalbek (1844) / par Charles Reynaud
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JERUSALEM

profond et ses bords sont creusés a pic, comme ceuxdun canal.

Presque tous les voyageurs qui ont décrit le Jourdain diffèrent dopinion sur la couleur de ses eaux ; maisne sommes-nous pas habitués a voir changer avec lessaisons la physionomie des fleuves? Cette eau ne nousa pas semblé désagréable au goût, quoique nous ayonscru y reconnaître une légère odeur de soufre, quex-plique suffisamment son passage a travers le lac de Tibériade , se dégorgent plusieurs sources sulfu-reuses.

I.a plupart des arbres qui bordent nos rivières crois-sent autour du Jourdain . Des saules aux troncs rugueuxlaissent traîner dans leau leurs branches flexiblesquagite la rapidité du courant. Dans lépaisseur desbois, on trouve de petits espaces vides tapissés de ga-zon ; la plaine stérile de Jéricho et les montagnes nuesde lArabie Pétrée sont cachées par un rideau de ver-dure, et lon peut se croire assis au bord dune rivière,dans un vallon solitaire de lAuvergne ou de la Nor­ mandie .

tNous nétions pourtant quà deux lieues de la mer Morte . En quittant les rives du Jourdain , nous retrou-vâmes dans la plaine les buissons darbres épineux;