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D'Athènes à Baalbek (1844) / par Charles Reynaud
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JÉRUSALEM

suffoqués par les eaux malsaines de la mer, ils aurontélé rejetés morts sur la grève.

Nous côtoyâmes les bords du lac jusquau pied desmontagnes de la Judée .

Pendant six heures, nous traversâmes un pays en-tièrement dépouillé de végétation ; des montagnes deformes et de substances pareilles se succédaient devantnous, et fatiguaient nos yeux dun spectacle monotone.Plusieurs fois nos Arabes se disposèrent en ordre debataille, comme sils eussent craient dêtre attaqués;ils envoyaient en avant des vedettes pour reconnaîtrele pays; mais ils déployèrent leur zèle en pure perte ;pas une forme humaine ne se montra au milieu de cesdéserts.

De temps en temps nous tirions des perdrix rouges.Elles sont plus petites que celles de nos pays, et leurplumage est dune couleur plus claire. Jen avaisblessé une qui était allée tomber loin de moi; je né-gligeai de la poursuivre, et je continuai ma route. UnBédouin de notre escorte alla la chercher et la rapporta.Mon drogman la réclama avec insolence; lArabe la re-fusa avec hauteur. « Si tou maître avait voulu laprendre, disait-il, il serait allé la chercher. Il la aban-donnée; elle mappartient. »Une querelle sengagea.