222
■lÉIiUSALKM
glisser jusqu’au fond du puits son outre de cuir qu’ilretenait par une corde, il la ramena pleine d’eau fraî-che, au milieu des cris de joie de la caravane.
Voila quels sont souvent les uniques épisodes d’unelongue journée de voyage sous le ciel embrasé de laSyrie . Quelquefois, le guide arrêté sur les hauteurs desmontagnes a prononcé un nom snnorc, en étendant lamain vers l’horizon ; ailleurs, une gazelle effarouchée atraversé le sentier et a disparu dans la profondeur desvallées; l’aspect de ce pays extraordinaire plonge l’âinedans la rêverie et la prédispose a l’exaltation mystiquede la vie contemplative.
Autrefois, des solitaires s’étaient réfugiés dans les re-traites mystérieuses de ces montagnes. La vallée deSaiut-Saba a servi d’asile a plusieurs; mais les Arabes sont souvent plus farouches que les lions, qui s’étaientaccoutumés à partager la royauté du désert avec cespieux anachorètes. Aujourd’hui les religieux qui habi-tent ces solitudes sont enfermés dans une véritable cita-delle, et ils montrent, pour justifier leurs craintes, uncaveau dans lequel sont entassés plusieurs milliers detêtes de morts.
La vallée de Saint-Sabn est une Assure énorme ou-verte entre deux montagnes de nature semblable ; au