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fond du précipice s’étend le lit de cailloux du Cédron,qui s’en va à la mer Morte . Les lianes de ces monta-gnes brusquement séparées imitent dans certains deleurs replis la configuration d’un vaste amphithéâtre. Cesont des rochers qui s’arrondissent en demi-cercle, etqui sont superposés d’une manière uniforme commedes gradins. Ailleurs ils sont percés de cavernes pro-fondes qu’habitent d’immenses volées de pigeons; aumoindre bruit qui trouble le silence de ces retraites,ces oiseaux s’envolent par centaines.
Le monastère, encadré dans un des coudes que formece précipice tortueux, occupe un des versants du ravindans toute sa hauteur, qui est de trois cents pieds en-viron. Cet entassement d’édifices , dont la base reposepresque sur le lit du torrent , s’élève par des terrassessuccessives, des escaliers raides, des passages souter-rains jusqu’au sommet du rocher, qui est couronné dedeux tours. Le monastère, défendu d’un côté par uneligne de murailles épaisses, est inabordable de l’autre,grâce à l’escarpement du précipice. La porte qui s’ou-vre en haut, sur le chemin, est basse et voûtée commecelle d’un fort; et celle qui donne sur le fond delàvallée est tout simplement une haute fenêtre qu’onescalade au moyen d’une échelle.