225
pèlerins peuvent dormir sur cet oreiller fraternel, ali-gnés comme des momies.
Les nombreuses chapelles que renferme le monastèresont ornées de peintures byzantines. La sont prodiguéesles Vierges dont la tête est entourée d’une couronned’argent clouée extérieurement sur le panneau, et lesChrists rayonnants qui se détachent sur une mosaïqued’or, et les tableaux en deux parties, dont l’une repré-sente le corps, et l’autre la tête, de manière que laligure apparaît a travers une ouverture laissée au pan-neau supérieur.
Au bas du couvent, on montre la grotte où vécut,dit-on, pendant cinq ans, le saint anachorète qui adonné son nom a la vallée et au monastère.
Une nuit de repos passée sous ces murs hospitaliersnous avait remis de toutes nos fatigues. Au point dujour, comme nous montions à cheval, un caloyer nousapporta un flacon d’excellent vin de Jérusalem , et nousoffrit le coup de l’étrier, selon l’ancienne coutume.
Entre Saint-Saba et Rethléhem, nous passâmes au-près d’un camp de Bédouins. Leurs tentes en poil dechèvre, de couleur brune, enfermaient un espace deplusieurs centaines de pas. Ils nous regardèrent passeravec indifférence. Les femmes debout , sur le seuil des