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JÉRUSALEM
tentes, et vêtues de haillons aux vives couleurs, ressem-blaient a des ligures bibliques. Mais quand on les voitde près, elles perdent tout leur charme ; la misère, lesfatigues , des travaux excessifs leur ôtent toute grâce ettoute fraîcheur; elles se flétrissent à l’âge où les femmesde l’Occident commencent a être belles. Réduites a unedomesticité pénible, elles servent d’esclaves à leurs tiersmaris, qui leur préfèrent souvent leurs chevaux auxcrins flottants; mais elles gardent cependant au milieude leur dégradation une simplicité de gestes, une no-blesse de port, qu’on chercherait en vain chez les fem-mes de l’Occident , emprisonnées dès leur enfance dansdes vêtements étroits, et comprimées par la gêne deshabitudes sociales.
Déjà nous apercevions le blanc village de Bcthléhemperché sur une colline, au milieu d’une forêt d’oliviers.La végétation reparaissait tout à coup pour orner lepays qui fut le berceau du Christ. Cette vallée d’unaspect agréable est passablement cultivée. On n’éprouvepoint l'a les sentiments qui assiègent l’esprit dans latriste Jérusalem . Bethléhem , le village des pasteurs, lapatrie du roi David, qui y porta la houlette avantl’épée, rappelle les plus gracieux souvenirs de la Bible et de l’Évangile. Près de là est le Jardin fermé, chanté