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leurs chevaux s’enfoncer dans l’eau jusqu’au poitrail.
La base de la montagne, dans ses courbes capricieu-ses, forme des coudes qui nous empêchaient de dé-couvrir les ruines de Baalbek que nos yeux demandaientavidement à l’horizon. En effet, les temples sont situésprécisément au pied de l’Antiliban , et sur un plan in-férieur au reste de la plaine. Ce n’est qu’à la distanced’une lieue, que les six grandes colonnes qui dominentles autres monuments se montrent au-dessus du niveaude la plaine, exhaussées sur une plate-forme artilicielle.
En arrivant sur la pente légèrement inclinée quiconduit à Baalbek , on passe auprès d’une carrière d’oùont été extraits en grande partie les matériaux qui ontservi à construire les temples. Un monolithe d’une gros-seur effrayante est encore gisant sur le sol ; il nous aparu avoir à peu près 21 mètres de long sur 4 d’épais-seur. Derrière ce premier bloc, en est debout un autredéjà séparé du rocher, mais y adhérant encore par labase, comme un énorme pilier.
Nous demeurâmes saisis d’étonnement devant cesmasses de pierres; puis, abandonnant la caravane,nous courûmes de toute la vitesse de nos chevaux versle groupe de ruines jaunes qui s’élevait devant nous àgauche du village de Baalbek .