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D'Athènes à Baalbek (1844) / par Charles Reynaud
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BAALBEK .

mes robustes, au visage fier, à lallure vive et franche.En ce moment, la ville paraissait être en fermentation ;des groupes animés et bruyants étaient dispersés ç'a et ; on aurait dit quun grand événement préoccupaitles esprits. Nous traversâmes la ville, sans descendrede cheval, et nous allâmes camper à quelques centainesde pas, sous un groupe darbres touffus. Deux heuresaprès, notre sieste fut brusquement interrompue parun bruit de coups de fusil. Nous nous levâmes préci-pitamment et nous eûmes sous les yeux un tableauextraordinaire.

Cinq ou six cents cavaliers sortaient en désordre dela ville, en poussant de grands cris; les chevaux bon-dissaient, animés par le bruit et lodeur de la poudre ;les manteaux flottaient au vent ; de tous les côtés de laplaine arrivaient au galop des cavaliers qui poussaientle cri de ralliement.

Un de nos Arabes nous raconta la cause de tout cemouvement : les Maronites et les Druses réunis allaientattaquer le fermier de la plaine qui levait limpôt à latête dune troupe de soldats. Les Turcs avaient tuétrois paysans. Dès que cette nouvelle sétait répandue,tous les villages sétaient insurgés ; Druses et Maronitessétaient armés pour la défense commune. Avant de