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mes robustes, au visage fier, à l’allure vive et franche.En ce moment, la ville paraissait être en fermentation ;des groupes animés et bruyants étaient dispersés ç'a etlà ; on aurait dit qu’un grand événement préoccupaitles esprits. Nous traversâmes la ville, sans descendrede cheval, et nous allâmes camper à quelques centainesde pas, sous un groupe d’arbres touffus. Deux heuresaprès, notre sieste fut brusquement interrompue parun bruit de coups de fusil. Nous nous levâmes préci-pitamment et nous eûmes sous les yeux un tableauextraordinaire.
Cinq ou six cents cavaliers sortaient en désordre dela ville, en poussant de grands cris; les chevaux bon-dissaient, animés par le bruit et l’odeur de la poudre ;les manteaux flottaient au vent ; de tous les côtés de laplaine arrivaient au galop des cavaliers qui poussaientle cri de ralliement.
Un de nos Arabes nous raconta la cause de tout cemouvement : les Maronites et les Druses réunis allaientattaquer le fermier de la plaine qui levait l’impôt à latête d’une troupe de soldats. Les Turcs avaient tuétrois paysans. Dès que cette nouvelle s’était répandue,tous les villages s’étaient insurgés ; Druses et Maronitess’étaient armés pour la défense commune. Avant de