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16 (1830) Lettre à M. de Beaumont / de J.J. Rousseau ; mises dans un nouvel ordre avec des notes historiques, et des éclaircissements; par V.D. Musset-Pathay
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MANDEMENT.

humaine, de les saisir avec soin et de les dirigervers la route qui conduit a la vérité. Par ces es-prits , encore exempts de préjugés , seroient pourtoujours en garde contre lerreur; ces cœurs, en-core exempts de grandes passions, prendroient lesimpressions de toutes les vertus. Mais à qui con-vient-il mieux quà nous et à nos coopérateurs dansle saint ministère de veiller ainsi sur les premiersmoments de la jeunesse chrétienne ; de lui distri-buer le lait spirituel de la religion , afin qiCil ci'oissepour le salut (a) ; de préparer de bonne heure parde salutaires leçons des adorateurs sincères au vraiDieu, des sujets fidèles au souverain , des hommesdignes dêtre la ressource et lornement de la patrie ?

III. Or,M. T. C. F., lauteur d'Émile proposeun plan déducation qui, loin de saccorder avec lechristianisme , nest pas même propre à former descitoyens ni des hommes. Sous le vain prétexte derendre lhomme à lui-même et de faire de son élèvelélève de la nature, il met en principe une asser-tion démentie, non-seulement par la religion, maisencore par lexpérience de tous les peuples et detous les temps. «Posons, dit-il, pour maxime in-» contestable, que les premiers mouvements de la» nature sont toujours droits ; il ny a point de per-* versité originelle dans le cœur humain. « A celangage on ne reconnoît point la doctrine des sain-tes Écritures et de lÉglise touchant la révolution

(«) « Sicut modo geniti infantes , rationabile sine dolo lacconcupiscile, ut in eo crescatis in salutem. » I. Pet., cap. n.