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MANDEMENT.
humaine, de les saisir avec soin et de les dirigervers la route qui conduit a la vérité. Par là ces es-prits , encore exempts de préjugés , seroient pourtoujours en garde contre l’erreur; ces cœurs, en-core exempts de grandes passions, prendroient lesimpressions de toutes les vertus. Mais à qui con-vient-il mieux qu’à nous et à nos coopérateurs dansle saint ministère de veiller ainsi sur les premiersmoments de la jeunesse chrétienne ; de lui distri-buer le lait spirituel de la religion , afin qiCil ci'oissepour le salut (a) ; de préparer de bonne heure parde salutaires leçons des adorateurs sincères au vraiDieu, des sujets fidèles au souverain , des hommesdignes d’être la ressource et l’ornement de la patrie ?
III. Or,M. T. C. F., l’auteur d'Émile proposeun plan d’éducation qui, loin de s’accorder avec lechristianisme , n’est pas même propre à former descitoyens ni des hommes. Sous le vain prétexte derendre l’homme à lui-même et de faire de son élèvel’élève de la nature, il met en principe une asser-tion démentie, non-seulement par la religion, maisencore par l’expérience de tous les peuples et detous les temps. «Posons, dit-il, pour maxime in-» contestable, que les premiers mouvements de la» nature sont toujours droits ; il n’y a point de per-* versité originelle dans le cœur humain. « A celangage on ne reconnoît point la doctrine des sain-tes Écritures et de l’Église touchant la révolution
(«) « Sicut modo geniti infantes , rationabile sine dolo lacconcupiscile, ut in eo crescatis in salutem. » I. Pet., cap. n.