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Tome I.
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PREMIER DIALOGUE.

croire; que, donnant ensuite leur unanimité pournouvelle preuve à ceux qu'ils désirent amener àleur sentiment, loin dadmettre au moins lépreuveindispensable des réponses de laccusé, on lui dé-robe avec le plus grand soin la connoissancc de lac-cusation, de l'accusateur, des preuves, et même dela ligue. Cest faire cent fois pis quà linquisition :car si lon y force le prévenu de saccuser lui-même,du moins on ne refuse pas de lentendre , on ne lem-pêche pas de parler, on ne lui cache pas quil estaccuse, et on fie le juge quaprès lavoir entendu.L inquisition veut bien que laccusé se défende silpeut, mais ici lon ne veut pas quil le puisse.

Cette explication, qui dérive des faits que vousmavez exposés vous-même , doit vous faire sentircomment le public, sans être dépourvu de bon sens,mais séduit par mille prestiges, peut tomber dansune erreur involontaire et presque excusable à lé-gard d'un homme auquel il preml dans le fond très-peu dintérêt, dont la singularité révolte son amour-propre ; et quil désire généralement de trouvercoupable plutôt quinnocent, et comment aussi,avec un intérêt plus sincère à ce même homme, etplus de soin à Eétudier soi-même, on pourroit levoir autrement que 11e fait tout le monde, sansêtre obligé den conclure que le public est dans ledélire, ou quon est trompé par ses propres yeux.Quand le pauvre Lazarille de 'formes, attaché dansle fond dune cuve, la tête seule hors de leau , cou-ronné de roseaux et dalgue, étoit promené de villeen ville comme un monstre marin, les spectateurs