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SECOND DIALOGUE.
grimacier comme celui de Fiquct ; et , croyanttrouver sur son visage les traits du caractère quetout le monde lui donne, je m’avertissois de metenir en garde contre une première impression sipuissante toujours sur moi, et de suspendre, mal-gré ma répugnance, le préjugé qu’elle alloit m’in-spirer.
Je n’ai pas eu cette peine : au lieu du féroce oudoucereux aspect auquel je m’étois attendu , je n’aivu qu’une physionomie ouverte et simple , quipromettoit et înspiroit de la cordiance et de la sen-sibilité.
Le Fr. Il faut donc qu’il n’ait cette physionomieque pour vous ; car généralement tous ceux quil’abordent se plaignent de son air froid et de sonaccueil repoussant, dont heureusement ils ne s’em-barrassent guère.
Rocss. 11 est vrai que personne au mqndc necache moins que lui l’éloignement et le dédainpour ceux qui lui en inspirent ; mais ce n’est pointlà son abord naturel, quoique aujourd’hui très-fréquent; et cet accueil dédaigneux que vous luireprochez est pour moi la preuve qu’il ne se con-trefait pas comme ceux qui l’abordent, et qu’il n’ya point de fausseté sur son visage non plus quedans son cœur.
Jean-Jacques n’est assurément pas un bel homme ;il est petit, et s'apetisse encore en baissant la tête,lia la vue courte, de petits yeux enfoncés, desdents horribles ; ses traits, altérés par l’Age, n’ontrien de fort régulier; mais tout dément en lui