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SECOND DIALOGUE.
plus, sans prudence, sans présence d’esprit, etd’uncbalourdise incroyable , il offense quand il veutplaire, et dans sa naïveté, plutôt étourdie que fran-che , dit également ce qui lui sert et qui lui nuit,sans même en sentir la différence. Enfin , le leur estun esprit diabolique, aigu, pénétrant ; le mien ,ne pensant qu’avec beaucoup de lenteur et d’ef-forts , en craint la fatigue , et, souvent n’entendantles choses les plus communes qu’en y rêvant h sonaise et seul , peut h peine passer pour un hommed’esprit.
N’est-il pas vrai que , si je multipliois ces oppo- isitions , comme je le pourrois faire , vous les pren-driez pour des jeux d’imagination qui n’auroientaucune réalité ? Et cependant je ne vous dirois rienqui ne fût, non comme à vous , affirmé par d'autres,mais attesté par ma propre conscience. Cette ma-nière simple , mais peu croyable , de démentir lesassertions bruyantes des gens passionnés par les ob-servations paisibles, mais sûres, d’un homme impar-tial , seroit donc inutile etne produirait aucun effet.D’ailleurs, la situation de Jean-Jacques K certainségards est même trop incroyable pour pouvoir êtrebien dévoilée. Cependant, pour le bien connoître ,il faudrait la connoitre h fond ; il faudroit connoitreet ce qu’il endure et ce qui le lui fait supporter. Ortout cela ne peut bien se dire : pour le croire , ilfaut l’avoir vu.
Mais essayons s’il n’y auroit point quelque autreroute aussi droite et moins traversée pour arriverau même but ; s’il n’y auroit point quelque moyen