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Tome I.
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210 SECOND DIALOGUE.

vous voyez que sa conduite doit être inégale etsautillante , quelques instants impétueuse , et pres-que toujours molle ou nulle. 11 ne marche pas; ilfait des bonds, et retombe à la même place; sonactivité même ne tend quà le ramener à celle dontla force des choses le tire; et, sil nétoit poussé quepar son plus constant désir, il re6teroit toujoursimmobile. Enlin jamais il nexista dêtre plus sensi-ble à l'émotion ut moins formé pour laction.

Jean-Jacques na pas toujours fui les hommes;mais il a toujours aimé la solitude. 11 se plaisoit avecles amis quil croyoit avoir, mais il se plaisoit encoreplus avec lui-même. Il chérissoit leur société ; maisil avoit quelquefois besoin de se recueillir, et peut-être eût-il encore mieux aimé vivre toujours seulque toujours avec eux. Son affection pour le romande Robinson ma fait juger quil ne se fût pas cru simalheureux que lui, confiné dans son île déserte.Pour un homme sensible , sans ambition et sans va-nité , il est moins cruel et moins difficile de vivreseul dans un désert que seul parmi ses semblables.Du reste , quoique cette inclination pour la vie reti-rée et solitaire nait certainement rien de méchantet de misanthrope , elle est néanmoins si singulière,que je ne lai jamais trouvée à ce point quen luiseul, et quil en falloit absolument démêler la causeprécise, ou renoncer à bien connoître lhomme danslequel je la remarquois.

Jai bien vu dabord que la mesure des sociétésordinaires règne une familiarité apparente etune réserve réelle ne pouvoit lui convenir. Lim-.