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Tome I.
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SECOND DIALOGUE.

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possibilité de flatter son langage et de cacher lesmouvements de son cœur mettoit de son côté undésavantage énorme vis-à-vis du reste des hommes,qui, sachant cacher ce qu'ils sentent et ce qu'ilssont, se montrent uniquement comme il leur con-vient quon les voie. Il ny avoit quune intimitéparfaite qui pût entre eux et lui rétablir légalité.Mais quand il ly a mise , ils nen ont mis eux quelapparence ; elle étoit de sa part une imprudence,et de la leur une embûche ; et cette tromperie,dont il fut la victime, une fois sentie, a pourjamais le tenir éloigné deux.

Mais enfin , perdant les douceurs de la sociétéhumaine , qua-t-il substitué qui pût len dédom-mager , et lui faire préférer ce nouvel état à lautremalgré ses inconvénients î Je sais que le bruit dumonde effarouche les cœurs aimants et tendres ,quils se resserrent et se compriment dans la foule ,quils se dilatent et sépanchent entre eux , qu'ilny a de véritable effusion que dans le téte-à-tête ,quenfin cette intimité délicieuse qui fait la véri-table jouissance de lamitié ne peut guère se for-mer et se nourrir que dans la retraite ; mais je saisaussi qu'une solitude absolue est un état triste etcontraire à la nature ; les sentiments affectueuxnourrissent lAme , la communication des idées avivelesprit. Notre plus douce existence est relative etcollective , et notre vrai moi nest pas tout entier ennous. Enfin telle est la constitution de l'homme encette vie quon ny parvient jamais à bien jouirde soi sans le concours dautrui. Le solitaire Jean-