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Tome I.
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SECOND DIALOGUE.

lires et solides amies , qui valent peut-être encoremieux : pensez-vous que la moitié de chaque jourainsi passée ne rachèteroit pas bien les peines delautre moitié 1 Le souvenir toujours présent dunesi douce vie etlespoir assuré de son prochain retournadouciroit-il pas bien encore lamertume du restedu temps ? croyez-vous quH tout prendre lhommele plus heureux de la terre compte dans le mêmeespace plus de moments aussi doux ? Pour moi, jepense, et vous penserez , je massure , que cethomme pourroit se flatter , malgré ses peines , depasser de cette manière une vie aussi pleine de bon-heur et de jouissance que tel autre mortel que cesoit. bien ! monsieur , tel est létat de Jean-Jac-ques au milieu de ses afflictions et de ses fictions ,de ce Jean-Jacques si cruellement, si obstiné-ment, si indignement noirci, flétri, diffamé, et qu'a-vec des soucis , des soins , des frais énormes, sesadroits, ses puissants persécuteurs travaillent de-puis si long temps sans relâche h rendre le plus mal-heureux des êtres. Au milieu de tous leurs succès ,)I leur échappe ; et , se réfugiant dans les régionséthérées , il y vit heureux en dépit deux : jamais ,avec toutes leurs machines , ils ne le poursuivrontjusque-.

Les hommes , livrés à lamour-propre et à sontriste cortège, ne connoissent plus le charme et lef-fet de limagination. Ils pervertissent lusage de cettefaculté consolatrice : au lieu de sen servir pouradoucir le sentiment de leurs maux, ils ne sen ser-vent que pour lirriter. Plus occupés des objets qui