SECOND DIALOGUE.
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reste bien avancée , et le Devin du village, sur le-quel il a refait a neuf une seconde musique presqueen entier, il a, dans le même intervalle , composéplus de cent morceaux de musique en divers gen-res , la plupart vocale avec des accompagnements ,tant pour obliger les personnes qui lui ont fourni lesparoles que pour son propre amusement. Il a fait etdistribué des copies de cette musique tant en parti-tion qu'en parties séparées, transcrite sur les origi-naux qu'il a gardés. Qu’il ait composé ou pillé toutecette musique, ce n’est pas de quoi il s'agit ici. S'ilne l’a pas composée, toujours est-il certain qu’il l’aécrite et notée plusieurs fois de sa main. S’il ne l’apas composée, que de temps ne lui a-t-il pas fallu ,pour chercher, pour choisir dans les musiques déjàtoutes faites celles qui convenoient aux paroles qu’onlui fournissoit, ou pour l’y ajuster si bien qu’elle yfût parfaitement appropriée, mérite qu’a particu-lièrement la musique qu’il donne pour sienne! Dansun pareil pillage il y a moins d’invention sans doute,mais il y a plus d’art, de travail, surtout de con-sommation de temps, et c’étoit là pour lors Tuniqueobjet de ma recherche.
Tout ce travail qu’il a mis sous mes yeux, soit ennature , soit par articles exactement détaillés, faitensemble plus de huit mille pages de musique, touteécrite de sa main depuis son retour à Paris .
Ces occupations ne l’ont pas empêché de sc livrerà l’amusement de la botanique, à laquelle il a donnépendant plusieurs années la meilleure partie de sontemps. Dans de grandes et fréquentes herborisations
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