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SECOND DIALOGUE.
» en suivant la rouie que j’avois prise; les temps» étoieul trop changés , cl le public avoil trop change» pour moi.- Quand je publiai mes premiers écrits,» encore livré à lui-même, il n'avoit point en total» adopté de seele , et pouvoit écouler la voix de la« vérité et de la raison. Mais aujourd’hui subjugué» tout entier , il ne pense plus, il ne raisonne plus,» il nest plus rien par lui-même, et ne suit plusD que les impressions que lui donnent ses guides.» L'unique doctrine qu'il peut goûter désormais est» celle qui met ses passions a leur aise, et couvre»> d'un vernis de sagesse le dérèglemenldcses mœurs.« Il ne reste plus qu'une route pour quiconque as-« pire a lui plaire : c'est de suivre à la piste les» brillants auteurs de ce siècle * et de prêcher comme» eux, dans une morale hypocrite, l’amour des ver-•> tus et la haine du vice, mais apres avoir com-» ineneé par prononcer comme eux que tout cela» sont des mois vides de sens , faits pour amuser le)> peuple ; qu'il n'y a ni vice ni vertu dans le cœuryi de l'homme , puisqu'il n*y a ni liberté dans sa vo-» lonté , ni moralité dans scs actions ; que tout „ jus-jt qu’à cette volonté même, est l’ouvrage d’une aveu-» gle nécessité ; qu’enfin la conscience et les remordsv ne sont (pie préjugés et chimères, puisqu’on ne» peut, ni s’applaudir d’une bonne action qu’on a» été forcé de faire, ni se reprocher un crime dontn on n’a pas eu le pouvoir de s'abstenir («). Et quelle
(a) Voilà ce qu’ils oui ouvertement enseigné et publié jus-qu'ici , sans qu’on ait songé à les décréter pour cette doctrine .