SECOND DIALOGUE.
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son propre témoignage, feroit sentir la vérité de sesdéclarations , et la fausseté des idées horribles etfantastiques qu’il voyoit répandre de lui , sans enpouvoir découvrir la source. Bien loin de soupçon-nor alors vos messieurs, la confiance en eux de cethomme si défiant alla, non-seulement jusqu’à leurlire cette histoire de son âme, mais jusqu’à leur enlaisser le dépôt assez long-temps. L’usage qu’ils ontfait de cette imprudence a été d’en tirer parti pourdiffamer celui qui l’avoit commise ; et le plus sacrédépôl de l’amitié est devenu, dans leurs mains , l’in-strument delà trahison. Ils ont travesti ses défauts envices, ses fautes en crimes , les foiblesses de sa jeu-nesse en noirceurs de son âge mûr : ils ont dénaturéles effets, quelquefois ridicules , de tout ce que lanature a mis d’aimable et de bon dans son âme ; etce qui n’est que des singularités d’un tempéramentardent, retenu par un naturel timide , est devenupar leurs soins une horrible dépravation de cœur etde goût. Enfin, toutes leurs manières de procéder àson égard, et des allures dontle vent m’est parvenu,me portent à croire que pour décrier ses Confissions 3après en avoir tiré contre lui tous les avantages pos-sibles, ils ont intrigué, manœuvré, dans tous leslieux où il a vécu, et dont il leur a fourni les rensei-gnements , pour défigurer toute sa vie, pour fabri-quer avec art des mensonges, qui en donnent l’airà ses Confessions , et pour lui ôter le mérite de lafranchise, même dans les aveux qu’il fait contre lui.Eh! puisqu’ils savent empoisonner ses écrits, quisont sous les yeux de tout le monde, comment n’era-