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SECOND DIALOGUE.
que de l’hypocrisie, et se livrer à cette dureté tar-dive, à tous ces petits larcins de bandits dont l’accuseaujourd’hui le public ! Convenez que voilà unhypocrite bien bête , et un trompeur bien mala-droit. Quand je n’aurois rien vu par moi-même ,cette seule réflexion me rendroit suspecte la répu-tation qu’on lui donne à présent. Il en est de toutceci comme des revenus qu’on lui prodigue avectant de magnificence. Ne faudroit-il pas dans sa posi-tion qu’il fût plus qu’imbécile , pour tenter , s’ilsétoient réels , d'en dérober un moment la connoia-sance au public ?
Ces réflexions sur les friponneries qu’il s’est misà faire , et sur les bonnes œuvres qu’il ne fait plus ,peuvent s’étendre aux livres qu’il fait et publie en-core et dont il se cache si heureusement, que toutle monde, aussitôt qu’ils paroissent, est instruitqu’il en est l’auteur. Quoi! monsieur , ce mortel siombrageux, si farouche, qui voit à peine approcherde lui un seul homme qu’il ne sache ou ne croie êtreun traître ; qui sait ou qui croit que le vigilant ma-gistrat chargé des deux départements de la policeet de la librairie le tient enlacé dans d’inextricablesfilets , ne laisse pas d’aller barbouillant éternelle-ment des livres à la douzaine , et de les confier sanscrainte au tiers et au quart pour les faire imprimeren grand secret ? Ces livres s’impriment , se pu-blient, se débitent hautement sous son nom, mêmeavec une affectation ridicule, comme s’il avoitpeurde n’être pas connu ; et mon butor, sans voir , sanssoupçonner même cette manœuvre si publique ,