SECOND DIALOGUE.
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ils ont tout calculé sans doute, hors la ressourcede l’innocence et de la résignation. Malgré l’âgeet l’adversité, sa santé s’est raffermie et se main-tient: le calme de son âme semble le rajeunir; etquoiqu’il ne lui reste plus d’espérance parmi leshommes , il ne fut jamais plus loin du désespoir.
J’ai jeté sur vos objections et yos doutes l’é-claircissement qui dépendoit de moi. Cet éclair-cissement, je le répète , n’en peut dissiper l’obscu-rité, même à mes yeux; car la réunion de toutesces causes est trop au-dessous de l’effet, pour qu’iln’ait pas quelque autre cause encore plus puissante ,qu’il m’est impossible d’imaginer. Mais je ne trou-verois lien du tout à vous répondre, que je n’enresterois pas moins dans mon sentiment, non parun entêtement ridicule , mais parce que j’y voismoins d’intermédiaires entre moi et le personnagejugé, et que, de tous les yeux auxquels il fautque je m’en rapporte, ceux dont j'ai le moins àme défier sont les miens. On nous prouve, j’enconviens, des choses que je n’ai pu vérifier, etqui me tiendroient peut-être encore en doute , sil’on ne prouvoit,tout aussi bien, beaucoup d’autreschoses que je sais très-certainement être fausses ;et quelle autorité peut rester pour être crus enaucune chose à ceux qui savent donner au men-songe tous les signes de la vérité ? Au reste, sou-venez-vous que je ne prétends point ici que monjugement fasse autorité pour vous; mais après lesdétails dans lesquels je viens d’entrer, vous ne sau-riez blâmer qu'il la fasse pour moi; et quelque appa-